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22 février 2012

Stress noctambule

Je n'ai plus de souffle. Je ne sais plus où donner de la tête, et puis là où je donne de la tête, rien ne sort. Je n'arrive pas à créer correctement car j'ai trop de stress dans ma vie. Je songe à tout lâcher. 2 ans de ma vie donnés comme ça, un peu pour rien (un peu moins que 2 ans, mais bon). Au hasard. Mais ce n'est pas seulement 2 ans. C'est 2 ans et des misères de dollars. Quatre sessions que j'ai eues pour me rendre compte que ce n'est pas pour moi. Au point où j'en suis, c'est de l'acharnement thérapeutique que de vouloir continuer dans cette veine. Je sais que je m'en demande plus que je ne suis capable de donner. C'est trop compliqué pour moi ne pas avoir de structure préétablie. Je crois que le bateau va couler si je continue à le malmener comme ça. 

POUR:
  • Trop de stress engendré;
  • Est-ce que ça en vaut vraiment la peine?
  • Échec imminent;
  • Effort demandé un peu hors de portée;
  • Pouvoir me concentrer à ce que je fais le mieux;
  • Pouvoir cesser de stresser à cause de ma précarité.

CONTRE:
  • 1 an (trois sessions);
  • Dettes engendrées ;
  • Cours faits un peu dans le vide...

Alors quoi? J’ai jusqu’au 19 mars pour décider sans que cela influe sur mes notes actuelles (qui sont déjà désastreuses). Il me reste 2 mois, soit 8 semaines d’enfer à passer. Parce que oui, passer la semaine ENTIÈRE à stresser et avoir l’impression de perdre mon temps plus souvent qu’autrement est extrêmement stressant. J’aimerais avoir une pause. Mais ça ne sera pas avant un moment. On dirait que je « choisis » toujours les pires scénarios. Je veux changer de ville, changer d’air mais je suis sans le sou et sans avenir puisque j’échoue certaines choses que je ne devrais PAS échouer. Je dramatise probablement en ce moment, mais je ne vois pas vraiment de truc miraculeux qui va me sauver. Oui, je vais faire de mon mieux pour les 2 prochains mois. Mais serait-ce suffisant?
Alors quoi? Je laisse un peu de « lousse » à mon ancre et je manœuvre du mieux que je peux en serrant les dents pour que ça passe? Je crois bien que c’est la solution la plus logique qui s’impose. J’aimerais seulement pouvoir dormir normalement.

17 mars 2009

lorsque j'étais une oeuvre d'art...


Il y a moi. La toile. Puis ce putain de vide. Il y a la quête de la pureté où je me salis corps et âme. Pourtant, je crée. Je suis un artiste. Un vrai, un dur. Entendre par là une personne ne possédant autre diplôme que celui auto-inculqué, mourant de faim et vêtue de haillons. Un vrai disciple de la misère, quoi.
Elle semble apprécier le spectacle, assise là, ses genoux légèrement écartés laissant entrevoir ses cuisses dissimulées sous des bas résilles.
- Qu’est-ce que tu fous là?
- Je te regarde.
- Qu’est-ce que je fais?
- De l’art… j’imagine.
C’était ça, le problème. Vous créez et les gens croient que ce n’est rien du tout. Vous vous donnez corps et âme, des heures durant. Et les gens croient que ce n’est rien du tout. Ils regardent et jugent, sans connaître. Sans vouloir expérimenter eux-mêmes ce par quoi vous êtes passés. Sans désirer posséder le discernement qui leur permettrait de saisir l’ampleur de votre sentiment, votre vécu.
Le manque de volonté de certaines personnes dépasse ma compréhension, car il est vital de désirer afin d’être en mesure de posséder. Détenir la connaissance et interpréter.
- Tu me juges?
- Ça dépend ce que tu entends par ce verbe.
- Que tu te formes une opinion sur ma création. Une impression qui se révélerait probablement fausse.
- Si tu crées, c’est un risque à prendre. Si tu exposes au monde ton œuvre, l’aboutissement d’heures et de litres de sueur, tu dois être prêt à supporter le poids du jugement.
- Me faire toiser de haut, tu veux dire.
- L’ignorance ne paie jamais. Seuls ceux proche de toi, proche de ton monde ou encore en mesure de t’y rejoindre jugeront à sa juste valeur ton enfantement pictural.
- Tu as raison… D’autant plus que tu me connais : je suis de ceux qui croient fermement qu’aller au bout de quelque chose est gratifiant en bout de ligne, peu importe toute la médisance que l’on peut ramasser. Car au final, c’est nous qui sommes déclarés vainqueurs.
Était-ce vraiment cela, devenir artiste?
Suer sang et eau, se battre pendant des années pour que la conclusion de notre vie se transforme en victoire absolue, ou encore sombrer dans l’aliénation la plus totale?