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13 janvier 2013

everything is heavier



everything is heavier
my soul feels like a thousand pounds
and my limbs are of lead

this is doing me no good
the tip of the scale must balance back
toward me

my skin is burning, sizzling
and my hair are of metal

i rather not
waste not
another instant

because there is some kind
of bird
telling me
that everything should
be okay
whether i like it or
not

24 juin 2012

24062012

Les mots coulent dans mes veines
Comme l’encre dans mon cerveau

16 décembre 2010

Narguilé


Cette page me nargue. Des jours que je n’ai pas écrit un seul mot, une seule ligne. Pourtant, ce ne sont pas les mots qui manquent dans ma tête. Tourbillonnants, telle la première tempête d’hiver. Je me suis souvent demandé pourquoi les mots, parfois, semblent si facile d’accès, alors que d’autres fois, il est si difficile pour moi, ne serait-ce d’aligner une, deux, trois syllabes d’affilée.
Je voudrais qu’ils rebondissent contre mes artères, et qu’ils puissent rebondir d’eux-mêmes contre le soleil. Afin que tu saches. Que tu sois au courant de tout. Que tu puisses me saisir comme moi je te vois. À quel point tu es… pour moi. Mais je ne suis qu’une humaine. Qui a trop peur de te dire. Alors, je lâche, petit à petit, peu à peu, toutes ces veines gravées de lettres. Afin que tu les saisisses, et que tu parviennes peut-être à me comprendre un peu.
C’est que c’est difficile, tu vois. J’ai encore beaucoup de chemin à faire. Mais surtout, j’ai très peur. Peur de te blesser, peur de me faire mal, peur de tout faire sauter. J’ai parfois l’impression d’être au beau milieu d’une bombe, dans son cœur palpitant. D’autres fois, je me sens seulement bien. Enveloppée d’un voile quasi euphorique. Toi et moi. Accord commun. Le principal problème provient du fait que je n’arrive pas vraiment à réaliser que je pourrais être heureuse, avec toi. Je crois que ça va encore prendre du temps. Je ne suis pas encore sûre à 100%, mais ça ne saurait tarder. Plus qu’un petit coup de pouce… Plus que quelques doses supplémentaires de courage, pour affronter l’affreuse. Vérité.
Qu’est-ce qui me dit que tu veux réellement de moi? Quelque chose à long terme? De viable? Je ne peux savoir. Sauf me douter. Mais je ne veux surtout pas fabriquer des présomptions sans preuve. Mes tripes me disent quelque chose, mais je fais la sourde oreille. Par simple frayeur. N’est-elle pas belle, la nature humaine?

29 septembre 2010

hypothèse I


Le rouleau se dévide telle la mort du papier-toilette dans le bol rempli de matière filandreuse, restes de la veille et de l’avant-veille. J’me tourne vers l’horloge qui indique ma mort. Qu’est-ce? Sinon une brève étoile mourant à l’horizon de mes pensées vaporisées (comme du Lysol dans une salle de bain funéraire). Je compte mes doigts, trêve de plaisanteries: le plastique ténu ne cesse de se tendre comme l’hypothalamus incompris.
Cette chaîne rouillée se balançant au-dessus du coma écarlate ne sera-t-elle pas sans sens antihoraire?
Devrais-je régler mon cadran sur une autre dimension?
Où sont les craquelins coulants de mes paumes?

17 mars 2009

lorsque j'étais une oeuvre d'art...


Il y a moi. La toile. Puis ce putain de vide. Il y a la quête de la pureté où je me salis corps et âme. Pourtant, je crée. Je suis un artiste. Un vrai, un dur. Entendre par là une personne ne possédant autre diplôme que celui auto-inculqué, mourant de faim et vêtue de haillons. Un vrai disciple de la misère, quoi.
Elle semble apprécier le spectacle, assise là, ses genoux légèrement écartés laissant entrevoir ses cuisses dissimulées sous des bas résilles.
- Qu’est-ce que tu fous là?
- Je te regarde.
- Qu’est-ce que je fais?
- De l’art… j’imagine.
C’était ça, le problème. Vous créez et les gens croient que ce n’est rien du tout. Vous vous donnez corps et âme, des heures durant. Et les gens croient que ce n’est rien du tout. Ils regardent et jugent, sans connaître. Sans vouloir expérimenter eux-mêmes ce par quoi vous êtes passés. Sans désirer posséder le discernement qui leur permettrait de saisir l’ampleur de votre sentiment, votre vécu.
Le manque de volonté de certaines personnes dépasse ma compréhension, car il est vital de désirer afin d’être en mesure de posséder. Détenir la connaissance et interpréter.
- Tu me juges?
- Ça dépend ce que tu entends par ce verbe.
- Que tu te formes une opinion sur ma création. Une impression qui se révélerait probablement fausse.
- Si tu crées, c’est un risque à prendre. Si tu exposes au monde ton œuvre, l’aboutissement d’heures et de litres de sueur, tu dois être prêt à supporter le poids du jugement.
- Me faire toiser de haut, tu veux dire.
- L’ignorance ne paie jamais. Seuls ceux proche de toi, proche de ton monde ou encore en mesure de t’y rejoindre jugeront à sa juste valeur ton enfantement pictural.
- Tu as raison… D’autant plus que tu me connais : je suis de ceux qui croient fermement qu’aller au bout de quelque chose est gratifiant en bout de ligne, peu importe toute la médisance que l’on peut ramasser. Car au final, c’est nous qui sommes déclarés vainqueurs.
Était-ce vraiment cela, devenir artiste?
Suer sang et eau, se battre pendant des années pour que la conclusion de notre vie se transforme en victoire absolue, ou encore sombrer dans l’aliénation la plus totale?